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Claire LANDAIS
 
 
 
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BIOGRAPHIE



VEILLEUSE DE LIEUX


  Veiller cette multitude de présences qui palpitent à la lisière des mondes...


 Me glissant entre terre et mer
 j'écoute le chant
 du grand peuple des silencieux

Claire Landais développe un nouveau type d'art in-situ en travaillant sur des « lieux portes », lieux de nature, musées, architectures

anciennes, laboratoires scientifiques... Elle prend le temps d'éprouver une terre. Elle vit sur place, rencontre une cascade,

s'approche d'une plante, salue une pierre... Elle recueille, derrière les formes, les murmures des éléments, les mémoires et l'imaginaire des mondes.

L'archaïque, les fulgurances, les impressions directes animent ses créations. Elle tisse les mots, les contes, façonne l'argile et les matériaux trouvés sur place. Elle s'accompagne du feu et du vent, afin de faire résonner dans ses oeuvres son expérience et les

confidences de ce qui l'entoure. Son travail prend forme dans des traces, des installations, l'édition, des expositions, des spectacles.

Claire Landais est plasticienne, auteur et conteuse.
A la lisière de la poésie, des sciences et des anciennes traditions, ses recherches tendent à accueillir et saluer un espace relationnel entre les règnes, les éléments et l'être humain. Ses chemins sont une invitation à se revivifier dans l'infinie complexité

de la matière du monde.

 Couchée sur la falaise
 un vieux dragon de pierre
 me conte l'origine



CLAIRE LANDAIS - VEILLEUSE DE LIEUX
Maud Maffei (artiste et docteur en histoire de l'art) en dialogue avec Claire Landais

 

J'ai d'avantage le sentiment de vivre
une expérience que de faire un tableau.
Cy Twombly

 

 

Claire Landais travaille sur la lisière où jaillissent les images, là où précisément lenon-temps rejoint la matière. Elle s'attache à relier l'impalpable avec la forme en se concentrant sur l'inframince,cet espace limite où l'on ressent, où l'on perçoit.   Elle aime à rappeler que le mot Art vient de l'indo-européen rtam qui adonné ritus en latin, rituel et articulation en français. Si l'étymologie enracine l'art et l'artiste dans une articulation, elle propose que cela soit pour ouvrir un espace d'approche et d'unification.


Claire Landais développe un nouveau type d'art in-situen travaillant sur ce qu'elle appelle des « lieux portes », desespaces chargés d'une force singulière et d'une mémoire originelle, lieux de nature, œuvres d'art ou architectures anciennes. Elle a travaillé à St Guilhem-le-Désertsur le chemin de St Jacques, sur le labyrinthe médiéval de Bayeux, à Daulachina dans l'Himalaya, sur la colline de Dieulefit dans la Drôme, à Yakushima une île à l'extrême sud du Japon... Elle explore ces lieux avec ses cinq sens et les questionne en utilisant toutes sortes de matériaux qui deviennent les réceptacles et les révélateurs de la traversée vivante qu'elle a vécue. Durant une résidence au Musée National d'Art Asiatique Guimet, au mois d'août 2017,elle a pu vivre auprès des œuvres de jour et de nuit. En octobre 2017, elle a témoigné de son expérience par un chemin de 33 haïkus exposés près des œuvres dans le musée.

 

Ses performances in situ, ses installations, ses bols tournés dans la main, ses poèmes éclairs,ses rituels poétiques, ses narrations, ses signes colorés peints sur des enveloppes, ses sculptures, sont autant de traces qui captent la fluidité contenue dans la matière, des empreintes minimales qui rendent compte de ses rencontres derrière le réel, faisant penser à ce que Giuseppe Penone a pu développer dans son œuvre avec notamment son Souffle (Soffio, 1968) enterre cuite ou encore ses œuvres d'empreintes de la main sur des arbres en pleine croissance (Continuer à a crescere tranne in quel punto, 1968).

ClaireLandais se présente comme une « veilleuse de lieux ». Veiller un lieu c'est pour elle, vivre consciemment son travail artistique en contact profond avec les paysages, attendre et accueillir les rencontres avec ce qui traverse le minéral, le végétal?. C'est se tisser à la nature, expérimenter son mode cyclique, ses étapes de transformations, ses métamorphoses, son intelligence et au-delà des mémoires,sa part vibratoire, son origine. C'est célébrer l'espace d'une possible reconnaissance entre certains règnes ou éléments et l'humain. Comme Kenneth White, fondateur de la géopoétique,elle « cherche  un langage qui retrouve les accents de ces rencontres premières. Et pressent que cette poétique, blanche comme les os, puisse ouvrirun nouveau champ de culture, un nouvel espace où se déployer. »[1]

 

Pour Claire Landais, le geste artistique lui-même, plus encore que toute création, est le temps de veille ouvert à« la confidence de l'univers ».Ce dialogue silencieux est l'acte premier, l'enracinement. En écho à Bernard Boisson, photographe et philosophe contemporain de la forêt, elle sait« qu'à l'instant même où nous vivons cette inversion d'attitude,l'opposition séculaire entre l'humain et la nature se dissout. »[2]

[1] , Gallimard, Collection Poésie, 2007

[2] Bernard Boisson, in La forêt primordiale, éditions Apogée 2008




Quelques lieux où elle a travaillé 


La colline d'Assise en Ombrie a été le lieu de l'écriture de ses premiers haïkus. 

Saint-Guilhem-le-Désert lui a permis de créer un festival« troubadours d'Orient et d'Occident » et la publication d'un livre en co-écriture  « Le val aventureux »
 
Daulachina à la frontière entre l'Inde et la Chine a été le lieu source de l'écriture et la publication d'un journal de voyage « Au Pays du froid chaud ».

Trois mois passés dans un cabanon à Dieulefit lui a permis d'écrire un recueil de poèmes « Avec ma bougie, j'attends la lune ».

L'île d'Inishmore dans la baie de Galway a accompagné la création d'un spectacle de récits de vie « Le rire des oiseaux blancs » et permet chaque année à des artistes de découvrir un processus de création enraciné dans cycle de la nature.

A Montreuil près de Paris, elle expérimente la cuisson au bois de bols en argile trouvé sur place.

Au Japon, près de Tokyo, elle a rencontré un "Trésor National Vivant", maître de la teinture à l'indigo. Il lui a transmis les bases de cet art et de la vie dans l'ancien Japon.

Au retour d'un long séjour au Bengale et au Bengladesh, elle a dessiné sur des centaines d'enveloppes au crayon et pastel rouge ; quelques années plus tard, un journal de voyage est paru « Il ne faut pas rêver en Inde ».

Au Musée Guimet une nuit du silence lui a permis de sentir la puissance de la relation qu'il était possible de vivre près de certaines oeuvres et de chuchoter aux visiteurs des haïkus écrit dans l'instant.


Son Processus de création 
Explorer-veiller-capter-créer

« Vivant sur un territoire particulier à un moment choisi, je suis d'abord touchée dans ma dimension sensible,à travers les formes, les matières, les couleurs, les sons, les odeurs. J'éprouve le vent, je contemple un rocher, je marche... Je regarde le paysage comme un corps, comme un miroir, un reflet, un être vivant à sa manière. Je guette le jaillissement d'une connivence, d'une reconnaissance.

Puis s'ouvre une écoute intérieure plus vaste, je vis un espace de relation dans une dimension imaginaire et symbolique. Je perçois les murmures d'un mégalithe, j'écoute une galaxie... Je nourris cet accordage par ma présence. Je crée une circulation par des langages comme le silence, le rêve, des images intérieures, l'imitation de sons naturels que j'entends sur le lieu, le chant,la parole improvisée, des rituels poétiques, la louange, l'invocation... Je note les modifications sur le lieu et en moi. Je veille dans la forge de l'imaginaire, je capte ce qui fonde le lieu et me traverse. 

Je tisse enfin toutes ces  résonances à la matière pour saluer le lieu et créer à travers mes œuvres une invitation à l'ouverture et au partage de mes recherches. »


 


                     
                     
           
                     
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